Ça fait longtemps que je veux faire cet article. Ca me fait toujours marrer d'entendre les commentaires et questions que les français ont à propos du Canada à chaque fois que je reviens en France. J'ai l'impression qu'outre les stéréotypes et idées reçues (ah bon...on ne parle pas français à Toronto?), le Canada fascine les français: contrée lointaine, grands espaces, le rêve américain en français mais avec la sécurité sociale....le paradis quoi! Et j'ai eu envie de faire un tour des chansons populaires françaises qui parlent du Canada pour essayer de comprendre comment les français perçoivent le Canada.
Allez hop c'est parti...
Allez hop c'est parti...
Donc dans l'inconscient collectif le Canada est le pays des grands espaces, de la nature et de la liberté...Line Renaud illustre bien cette vision romantique de la vie dans la forêt au milieu des animaux: "Ma cabane au Canada est blottie au fond des bois, on y voit des écureuils sur le seuil".
Le Canada est un pays où on vit simplement: "Si la porte n'a pas de clé c'est qu'il n'y a rien à voler" et où on y est heureux "Ma cabane au Canada c'est le seul bonheur pour moi, la vie libre qui me plaît, la forêt"
Mais le Canada c'est surtout tout ça: la liberté, l'espoir, le rêve américain.... mais en français (et ça c'est cool quand on est français....ça rassure...) : "Ya dans le sud de la Louisiane et dans un coin du Canada des tas de gars, des tas de femmes qui chantent dans la même langue que toi....." Et quoique la vie semble dure en Amérique, les francophones sont heureux et insouciants : "Tous les acadiens, toutes les acadiennes vont sauter, vont danser sur le violon".
Globalement, dans l'inconscient collectif, ce qui caractérise le Canada c'est avant tout ses saisons. Les chansons québécoises parlent souvent de la rudesse de l'hiver, vous vous souvenez peut-être de la chanson de Gilles Vigneaul: "Mon pays ce n'est pas un pays c'est l'hiver", "Mon refrain ce n'est pas pas un refrain c'est rafale", "Ma maison ce n'est pas maison c'est froidure", "Mon chemin ce n'est pas un chemin ce n'est pas un chemin c'est la neige".
Et vous connaissez peut-être la chanson de Jean leloup qui illustre bien l'isolement que l'hiver impose: "Je crois que je vais rester chez moi, car il fait si froid dehors au mois de janvier" et la sensation d'angoisse que l'immobilité crée en nous "Les grands froids ont cessé tout mouvement, la glace est dure, les fenêtres cassantes, la nuit est noire et le ciel est inquiétant".
Et peut-être que vous avez entendu la chanson de Lisa Leblanc qui montre bien l'incorfort que les changements extrêmes de température nous font ressentir: "Hostie qu'y fait chaud....dire qu'ya 6 semaines on s'promenait en suit de skiddoo".
Et vous connaissez peut-être la chanson de Jean leloup qui illustre bien l'isolement que l'hiver impose: "Je crois que je vais rester chez moi, car il fait si froid dehors au mois de janvier" et la sensation d'angoisse que l'immobilité crée en nous "Les grands froids ont cessé tout mouvement, la glace est dure, les fenêtres cassantes, la nuit est noire et le ciel est inquiétant".
Et peut-être que vous avez entendu la chanson de Lisa Leblanc qui montre bien l'incorfort que les changements extrêmes de température nous font ressentir: "Hostie qu'y fait chaud....dire qu'ya 6 semaines on s'promenait en suit de skiddoo".
Du côté des français, Joe Dassin est peut-être celui qui a le mieux illustré les émotions que nous font ressentir les saisons ici. L'été indien: "Cette saison qui n'existe que dans le nord de l'amérique", est une saison calme, pendant laquelle on est appaisé, il fait beau et chaud, les couleurs sont belles, on a l'impression que tout va continuer comme ça et que le bonheur va durer toute la vie...
Mais non ahah! L'arrivée de l'hiver fait peur ....quand les températures commencent à chuter on a vraiment l'impression que c'est fini, qu'on est prisonnier et qu'on va tous mourir : "L'hiver vient d'éclater, le St Laurent est prisonnier d'un décembre qui va bien durer 6 mois", "Quand les jours ressemblent aux nuits sans éclaircies à espérer....qui peut croire que l'été nous reviendra"...c'est vrai que le St Laurent qui est pris dans les glaces, c'est quelque chose....
Et puis finalement, quand le printemps revient, la vie et l'espoir reprennent: "Quand les enfants ont les pieds secs on tourne le dos à l'hiver, c'est la fête du printemps, le grand retour du St Laurent, on dirait que les gens sortent de la terre".... là aussi c'est vraiment ça.....
Une autre vision du Canada que j'aime beaucoup a été chantée par Véronique Sanson qui a habité quelque temps à Vancouver. Certes, le Canada représente le rêve américain où on est libre de vivre sa vie. Mais quoi? Et puis après? Quoi faire maintenant que tout est possible, que faire de sa vie?: "Je mène ma vie comme un radeau perdu", C'est difficile, le choix d'une vie, je rêve de choses dont j'ai réellement envie....je chante dans le port de Vancouver...."
Les stéréotypes ont quand même la vie dure. La vision de Montréal par Grand Corps Malade est comment dire....très superficielle à mon humble avis...certes Montréal est à cheval entre l'Europe et l'Amérique, entre le français et l'anglais, entre le passé et le futur..... mais le Québec est quand même bien plus qu'un accent et des gens qui sont de bonne humeur....enfin....
Ceci dit, quand on fait l'exercice inverse, et qu'on essaie de comprendre comment les canadiens voient la France et les français on se rend compte que les stéréotypes dans ce sens là ont aussi la vie dure....Linda Lemay résume bien ce que les canadiens pensent de nous: nous mangeons n'importe quoi, nous buvons beaucoup, nous ne sommes pas capable de comprendre le québécois ...... j'ai entendu ça tellement fois....ahlala ...les français sont quand même plus que des mangeurs de tête de veau ...enfin....
Il ne faut toutefois pas généraliser. Les jeunes générations sont plus ouvertes et comprennent le fait que les 2 cultures valent le ce coup d'être découvertes et comprises. Par exemple, Ariane Moffat (avec qui j'avais parlé une fois à Paris, je me la pète un peu...c'était tellement improbable cette rencontre) vient souvent France. Paris lui fait du bien, l'aide à se construire mais elle n'oublie pas pour autant sa culture, son pays, son identité: "Je reviens à Montréal, le coeur emballé de courage, je serais rentrée à la nage si je n'avais pas eu tant de bagages" "Mon ivresse n'a rien d'un mirage, Paris a engueulé ma rage, fini les enfantillages, je range mes peurs au garage".
Mais Paris reste quand même la ville de l'amour pour les canadiens... autant en Amérique on est libre d'être soi, autant à Paris on est libre d'aimer. Et ça...ça fascine les canadiens... cette liberté d'aimer passionnément, cette liberté de séduire, de charmer, de plaire : "Oh I miss Paris pornography...I miss you crazy, I miss the way you used to love me". Ah ben c'est vrai qu'on est comme ça....et j'aime bien cette chanson ;)
Et puis finalement, les Cowboys Fringants illustrent bien ce qui se passe dans ma tête. Au final, la France et le Canada se mélangent. J'habite à Toronto, je travaille à Paris... j'ai le cul entre 2 chaises, entre 2 cultures, tout se mélange, les cultures, les saisons, mon identité...c'est plus très clair...et c'est pas grave ;) :"Tu m'écris il pleut à Montréal, je te lis il neige à Paris... le monde tourne à l'envers cet an ci".
En bref à travers les chansons populaires, on voit bien comment le monde évolue je trouve... mondialisation...on voyage plus, on communique plus, on se connaît plus. Notre vision de l'autre est moins naïve et moins romantique, je trouve. Je vois souvent dans les news françaises des nouvelles de ce qui se passe au Canada (et l'inverse est vrai aussi). On se rend compte que finalement on a plein de différences mais aussi des points communs, mais surtout qu'on se fascine mutuellement...
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